Un faux dossier ne ressemble presque jamais à un faux. Il ressemble à un très bon dossier : revenus confortables, CDI, bulletins impeccables. C'est justement ce qui doit éveiller l'attention quand plusieurs détails clochent à la fois. Voici douze signes à surveiller, rangés par type de pièce. Un seul ne prouve rien, mais deux ou trois ensemble justifient de creuser.
Dans les bulletins de salaire
- 1Des chiffres qui ne se recoupent pas. Le net à payer ne correspond pas au brut moins les cotisations, ou le cumul annuel ne progresse pas d'un mois à l'autre. C'est la signature d'un montant modifié à la main. Détails dans l'article sur le faux bulletin de salaire.
- 2Un taux de cotisations irréaliste. Les cotisations salariales représentent habituellement une part stable du brut. Un net très proche du brut doit interroger.
- 3Un modèle trop générique. Mise en page de logiciel gratuit, mentions légales absentes, convention collective non indiquée.
Dans l'avis d'imposition
- 1Un revenu fiscal de référence incompatible avec les bulletins. Si les bulletins annoncent 3 500 euros nets par mois et que l'avis déclare 18 000 euros l'an dernier, il faut une explication (embauche récente, par exemple). Voir la vérification de l'avis d'imposition.
- 2Un code 2D-Doc absent ou illisible, alors que les avis récents en portent un. Le 2D-Doc est justement ce qui permet de contrôler le document à la source.
- 3Un nom de famille ou une adresse différents de ceux du reste du dossier, sans justification.
Dans le contrat de travail
- 1Un employeur introuvable dans le registre des entreprises, ou radié. Voir comment vérifier un contrat de travail.
- 2Une ancienneté qui ne colle pas entre le contrat et les bulletins, ou un contrat signé quelques jours avant la candidature, avec des revenus très élevés.
Dans la pièce d'identité
- 1Des informations différentes entre la face visible et la bande MRZ, ou un document incomplet. Voir vérifier une pièce d'identité.
Dans le comportement du candidat
- 1Une grande urgence : le candidat veut signer sans visite, ou pousse à conclure vite.
- 2Un refus systématique de visioconférence ou de visite, avec des raisons qui changent.
- 3Des pièces envoyées sous forme de captures d'écran ou de photos de photos plutôt que de fichiers d'origine.
Aucun de ces comportements n'est une preuve : un candidat pressé ou inquiet peut être honnête. Mais combinés à des incohérences dans les documents, ils forment un faisceau d'indices.
Quoi faire quand plusieurs signes s'accumulent
- 1Ne pas accuser. Une erreur, un document mal scanné ou une situation atypique sont possibles.
- 2Demander une précision ou une pièce complémentaire, parmi celles qui sont autorisées (voir la liste des documents interdits pour ne pas franchir la ligne).
- 3Vérifier à la source : le 2D-Doc de l'avis d'imposition, le registre des entreprises pour l'employeur, l'attestation de l'employeur au besoin.
- 4Garder une trace de ce qui a été demandé et de ce qui a été répondu, dans le respect du RGPD.
- 5Décider sur la base de faits contrôlés, et traiter tous les candidats de la même façon.
Pourquoi les contrôles à l'œil nu ne suffisent plus
Les outils de retouche et de génération d'images rendent les faux de plus en plus propres. Un bulletin créé de toutes pièces peut aujourd'hui être irréprochable visuellement : c'est la cohérence entre les pièces et la vérification à la source qui le trahissent. Le contexte et les chiffres sont détaillés dans notre article sur la fraude documentaire.
Comment LocaCheck vous aide
LocaCheck applique ces contrôles automatiquement à chaque dossier : lecture de chaque pièce, recoupement entre elles, vérification de l'employeur au registre INSEE, contrôle du code 2D-Doc et de la bande MRZ lorsqu'ils sont présents. Le rapport met en avant ce qui est incohérent et indique pourquoi. Il vous aide à décider plus vite, sans rien décider à votre place.