La pièce d'identité est la première pièce d'un dossier, et celle qu'on contrôle le moins : on vérifie que la photo ressemble au candidat, et on passe à la suite. C'est dommage, parce que c'est elle qui ancre tout le reste. Un dossier solide au nom de quelqu'un d'autre ne vaut rien.
Ce que vous pouvez contrôler sans outil
Quelques réflexes suffisent à écarter les falsifications grossières :
- La date de validité. Une pièce périmée n'est pas forcément un problème (les règles de validité des cartes d'identité ont changé, et la date imprimée peut différer de la validité réelle : en cas de doute, la référence est le site service-public.fr), mais c'est une raison de demander une précision plutôt que de supposer.
- La cohérence avec le reste du dossier. Nom, prénom et date de naissance doivent être identiques sur la pièce d'identité, les bulletins de salaire, l'avis d'imposition et le contrat de travail. Un nom d'usage ou un nom de naissance différent s'explique, une date de naissance différente non.
- La qualité de l'image. Un texte flou autour du nom, une photo dont les bords sont trop nets ou d'un grain différent du reste du document, des polices qui varient d'une ligne à l'autre : ce sont des traces de retouche.
- L'intégralité du document. Une pièce recto seul, ou un recto-verso coupé, empêche de voir la bande en bas de la carte, justement la partie la plus difficile à truquer.
La bande MRZ, la meilleure protection
Au bas des cartes d'identité récentes, des passeports et de nombreux titres de séjour, on trouve deux ou trois lignes de lettres, de chiffres et de signes « < ». C'est la zone de lecture automatique, ou MRZ. Elle répète le nom, le prénom, la date de naissance, le numéro du document et sa date d'expiration, dans un format normalisé.
Son intérêt pour un bailleur est que chaque champ est suivi d'un chiffre de contrôle, calculé à partir des caractères qui précèdent. Si quelqu'un modifie une date ou un nom sur la partie visible de la carte sans recalculer la bande, ou l'inverse, les chiffres de contrôle ne tombent plus juste.
Trois vérifications utiles :
- les informations de la bande (nom, date de naissance, numéro) doivent être les mêmes que celles écrites au recto ;
- les chiffres de contrôle doivent être valides ;
- la date d'expiration de la bande doit correspondre à celle imprimée.
À la main, ce contrôle est fastidieux et rarement fait. C'est précisément le genre de calcul qu'une machine fait sans erreur.
Les situations qui méritent un second regard
- Photo d'une photo, ou capture d'écran. Un reflet d'écran, des bords inclinés ou un moiré sont des signes d'un document photographié sur un autre support, souvent pour masquer des retouches.
- Fichier produit par un logiciel d'image. Les métadonnées d'un fichier retouché ne ressemblent pas à celles d'un scan ou d'une photo prise avec un téléphone. De plus en plus de générateurs d'images inscrivent d'ailleurs un certificat de contenu dans leurs fichiers.
- Pièce incomplète ou masquée « pour la sécurité ». Un candidat qui masque la bande MRZ ou le numéro du document le fait parfois par prudence, parfois pour cacher quelque chose : un échange suffit à trancher. On peut légitimement l'inviter à masquer des mentions sans rapport avec la location, mais pas celles qui servent à contrôler le document.
Titre de séjour et pièces étrangères
Le principe est le même : le contrôle porte sur la cohérence du document, sa validité et le recoupement avec le reste du dossier. Un titre de séjour a une date de fin et un numéro propres, et il est tout à fait recevable comme pièce d'identité. Appliquez-lui exactement les mêmes critères qu'à un autre candidat, sans exiger de pièce supplémentaire : cela relèverait de la discrimination (voir comment refuser un dossier sans discriminer).
Conserver la pièce d'identité : à quelles conditions
Une pièce d'identité est une donnée sensible. Ne la conservez pas plus longtemps que nécessaire, ne l'envoyez pas par messagerie non sécurisée et supprimez-la des dossiers refusés. Les règles précises sont détaillées dans l'article sur le RGPD et la vérification des locataires.
Comment LocaCheck vous aide
LocaCheck lit la pièce d'identité déposée, relève les informations visibles, lit et contrôle la bande MRZ et compare le tout avec le nom et la date de naissance des autres pièces du dossier. Les écarts sont signalés, avec la pièce concernée. L'outil ne remplace pas votre appréciation : il fait remonter ce qui doit être regardé de près.